Samedi 14 juin 2008
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Avertissement
Voici mon blog, il est fort simple. Quelques gravures imprimées sur du papier. Quelques mots pour les accompagner, les faire vivre et pourquoi pas les
vendre.
Si tu n'aimes pas te triturer un temps soit peu la tête, lire ou voir des trucs bizarres, laisse tomber, ce blog n'est pas pour toi. Si tu aimes les sites
spectaculaires qui vont à toute blinde, genre mini clip caméra aux poignées, les machins plein de pub, et les dernières nouvelles "people', lâche l'affaire tu vas t'emmerder!
Pour les autres, ceux qui savent s'ennuyer, ceux qui rêvent d'échafauds en fumant leur houka, ils se reconnaîtront, monstres délicats, - Hypocrites blogueurs, - mes
semblables, - mes frères !
Ce blog est pour vous.
Introduction
Le titre est emprunté à l'une des gravures les plus célèbres de Goya. Il s'est révélé comme une évidence lors de ma visite à l'exposition du Petit Palais
(Paris) consacrée à l'oeuvre gravée du grand maître espagnol.
La planche numéro 43 des Caprichios devait servir à l'origine de frontispice à son recueil de gravures. Elle a été reléguée au milieu de l'ouvrage
annonçant, après les 42 planches consacrées à la satire sociale, le thème de la sorcellerie. C'est l'absence de pensées lucides qui est la source de toutes superstitions. Elle inspirera bon
nombre d'artistes, de poètes et de philosophes à commencer par G. de Nerval ou C. Baudelaire.
"La fantaisie abandonnée de la raison engendre des monstres impossibles; unie à elle, c'est la mère des arts et l'origine de leurs merveilles". Francisco Goya
y Lucientes Pintor
Le sommeil de la raison engendre des monstres
Gravure en 5 états, pointe sèche sur rhénalon
format papier 352 X 357 mm, plaque 292 X 297 mm
les 5 premiers états sont édités à 2 exemplaires, le n°5 est édité à 8 exemplaires.
1er état:
un simple croquis de mon visage. J'ai choisi une posture de lassitude, de demi-repos, d'abattement. L'attitude que l'on peut avoir quand on est spectateur immobile, assis sur une chaise, accoudé
à une table, en cours, lors d'une réunion qui se prolonge ou d'un repas arrosé bien tardif...
2ème état:
Installer le visage dans la plaque, rajouter quelques détails, des valeurs, détailler la chevelure... rien d'extraordinaire.
je suis tout à fait conscient que mon dessin d'observation comporte des maladresses. Mon travail n'est qu'une succession de maladresses auxquelles je ne cesse de rajouter des maladresses.
3ème état:
J'ai toujours aimé raconter des histoires! L'observation fait place à l'imagination. Je voulais pour cet état une transformation, mais une transformation légère. Je crois bien y être allé
un peu fort.
4ème état:
L'auto représentation peut être interprétée comme une forme de vanité. Je ne fais que m'inscrire dans une longue tradition vieille de toujours:
de l'application des mains dans les grottes de Lascaux, en passant par les multiples représentations de Rembrandt qui aimait se déguiser, jusqu'à la démarche de Roman Opalka se prenant en photo
tous les jours que dieu fait, ou bien les autofilmages de Pierrick Sorrin, les artistes se sont toujours mis en scène dans le champs de leurs productions.
Une façon simple d'éprouver sa pratique et d'être son propre cobaye.
Une façon d'aller plus loin, de s'impliquer.
Pauvre Orlan! Pauvre Stélarck! Priez pour eux.
5ème état:
Je me sens comme un monstre bien au chaud dans ma bagnole chaque fois que je me déplace. Comment en est -t'ont arrivé là?
Çà fait 36 ans que je suis sur cette terre, et pas un constructeur automobile n'a été foutu de proposer un moteur qui tourne à autre chose qu'au pétrole.
Personne n'a-t'il été capable d'anticiper la crise actuelle? la technologie est-elle a ce point défaillante que des solutions tardent à venir? Quelle hypocrisie! Le système se mord la queue, les
producteurs et les distributeurs de pétrole, les constructeurs automobiles accouplés à leurs Etats tout puissant sont en train pour des profits records de faire de la terre une ruine
stérile qui deviendra sous peu notre cimetière.
Je me sens comme un monstre qui engraisse d'autres monstres plus gros que lui .
Malgré moi, je participe à l'apocalypse.
Je ne décolère pas!
Ces gravures ont été réalisées du 17 au 20 mai, dans l'urgence. Je voulais boucler ce travail en 5 états et concourir avec, pour le prix
Lacourière lancé par la B.N.F.. Quand je suis arrivé à la dernière, j'ai compris que je ne pourrais pas l'envoyer. Je n'en avais pas fini avec le sommeil de la raison. La dernière image- bien
qu'elle soit avancée- n'est pas la fin du processus de transformation de l'image.
Les 5
prochains états seront mis en ligne à la suite dès que possible.
(détail état 5)
N'hésitez pas à inscrire vos impressions dans la partie commentaire, surtout si mes gravures vous intéressent. Laissez vos coordonnées, je me ferais un plaisir de vous contacter dans
les plus brefs délais.
Par cyril, un monstre qui vous veut du bien
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Mercredi 18 juin 2008
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17:04
1erétat
Je ne vais pas essayer de me la jouer et faire de grands discours sur la théorie de la relativité générale, le problème de l'espace, de l'éther et du champ physique. A vrai dire je
n'y comprend rien! Je serais bien incapable d'analyser, de commenter, ou d'expliquer les différentes équations qui font d'Albert Einstein un des génies de l'humanité. Même si je comprends les
différents concepts sur lesquels s'appuient les chercheurs d'aujourd'hui, comment prendre part à une discussion sur la mécanique de Newton, le bateau de fettner ou sur la formation des méandres,
sans être un scientifique averti?
Lors du centenaire de la publication des articles sur la théorie de la relativté restreinte et généralisée en 2005, j'ai acheté un petit bouquin au Palais de la découverte (Paris). "Comment je
vois le monde", ce livre rassemble des articles et des courriers ou l'auteur prend des positions très nettes dans le domaine social, religieux, politique et économique en plus de ses textes
scientifiques.
Ce livre est magnifique, lumineux, pas seulement pour les chapitres ou il décrit la genèse du système, mais dans sa manière de voir et d'expliquer ou va l'humanité.
3ème état
Tout le monde connaît l'image d'Einstein tirant la langue. Le génie faisant la grimace. Quelle soit imprimée sur un tee shirt pour adolescent, faisant partie d'un générique d'émission TV, ou
d'une publicité quelconque, tout le monde connaît Einstein. La société du spectacle s'est emparée du bon vieil Albert, pour faire ce qu'elle sait faire de mieux, VENDRE.
Mais qui a lu ses écrits, qui donc profite réellement de sa pensée et de ses réflexions? Personne, ou trop peu en réalité.
Comment se fait-il que certains textes ne soient pas analysés en cours d'économie, d'autres proposés en philosophie, en histoire ou (pour les plus simples, bien sûr) en science. Comment se
fait-il que certains de ses textes ne figurent pas dans les programmes de l'éducation nationale? Comment se fait-il que les hommes politiques ne s'inspirent pas de ses propositions pour faire
avancer le "schimlblic" dans le meilleur sens possible?
Comment se fait-il que l'on ne tienne pas compte, de toutes les mises en garde, sur l'indispensable répartition équilibrée, entre le travail des hommes et des richesses qu'il dégage? Mais
où est donc passé la morale dans les histoires de régulation du marché mondial? Les gros investisseurs, ceux qui après la crise des "subprimes", aux États Unis, ont délaissé le marché de
l'immobilier pour se rabattre sur celui des matières premières, faisant ainsi exploser le prix des céréales. Ne se rendent-ils pas en grande partie, responsables de la crise alimentaire en
Afrique. En amorçant les émeutes de la faim ne se rendent-ils pas coupables de crime contre l'humanité? Et ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres sur ce qu'Einstein avait anticipé depuis
les années 30.
5ème état
La conjugaison de la position debout, de l'encéphale hautement développé, et du pouce préempteur, a permis à l'homme de réaliser des progrès incroyables en quelques siècles. Non
seulement de cultiver des tomates mais surtout de créer la bombe atomique.
Ce qui est paradoxal avec ce grand humaniste c'est que le fruit de ses recherches, a permis de mettre au point l'arme la plus terrifiante qui existe. Si en plus tous les trucs vraiment
intelligents qu'il a à raconter, ne servent à rien ni à personne, on peut vraiment se demander à quoi vont servir les recherches pour aller sur Mars ou Jupiter, puisqu'il n'y
aura plus personne pour en profiter!
Ce qu'on retiendra de lui c'est qu'il était capable de tirer la langue de façon tout à fait démente. Image incroyable d'un génie tirant la langue à l'humanité toute entière, un enfant de 60 ans
tirant la langue à une bande de cons!
8ème état
Je voulais moi aussi donner une image terrifiante et paradoxale d'Einstein. En m'appuyant sur la très célèbre gravure de Dürer, "Le cavalier, le diable et la mort" (1512), pour transformer
Albert en créature improbable. Ce génie humaniste n'est en fait qu'une des multiples facette de satan. Peut-être même est-ce le diable en personne? Toute cette formidable intelligence au service
des hommes, qui pour commencer l'utilisent en faisant n'importe quoi, n'importe comment, et qui pour finir n'entendent même pas l'essentiel.
J'ai réalisé ce portrait en 8 états en juin 2005.
Cette programmation m'a permis d'expérimenter un nouveau support qui est le rhénalon, une sorte de plastique souple. Utilisé à l'origine en milieu scolaire ou par des débutants, cette technique
m'offre une alternative à l'eau forte dont j'ai abusée ces dernière années et qui a bien failli avoir ma peau.
La série des 8 gravures est éditée à 4 exemplaires, sur un papier BFK Rives, moulin du gué par mes propres soins.
Pour en savoir plus sur la couleur du grammage ou la douceur du format, n'hésitez pas à me rêveiller sur
amouroux.cyril@free.fr
Par cyril.A
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Lundi 30 juin 2008
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23:31
Je ne vais pas ici commencer par raconter ma rencontre avec Rembrandt. Pas tout de suite, ça serait trop long, indigeste, ennuyeux à
coup sûr. En revanche, je vais essayer, en m'appuyant sur des images, les siennes, ou plutôt les miennes, enfin les miennes d'après les siennes, de révéler quel est mon Rembandt. Comment je le
vois ? Pourquoi il est si important, et ce que tous les jours il m'apporte !
Il y à déjà des tonnes de bouquins écrits sur lui, par les plus grands historiens de l'art comme Focillon, Thoré
Burger, Chritopher Wright. Il y a même, d'immenses spécialistes qui corroborent ou qui infirment ce que d'autres immenses spécialistes ont écrit avant. On, pronom indéfini qui désigne
celui qui l'utilise, se régale.
Je dirais ce que je voudrais comme ça me chantera, image après image, il n'y a aucun risque tout a déjà été dit.
J'ai gratté ces quelques images en relançant ma presse, au fond des bois ou j'ai installé mon atelier. Évidemment, il y a quelques
différences avec les originaux mais je suis assez contant du résultat.
Faire une copie de gravure de Rembrandt d'après un reproduction au format, même très bonne, n'est pas facile mais je dois dire que ça m'éclate assez. J'apprends beaucoup. La prouesse technique
réside dans deux choses: retrouver la spontanéité inouïe de ce bon vieux génie de Van Rinj, et arriver au même contraste, la même densité de trait avec une pointe sèche sur du plastique.
Impossible! Mais c'est le propre de l'art d'essayer de rendre visible, audible, sensible ce qui est impossible.
Le système de numérotation des images suit la numérotation selon Bartsch dans son catalogue de 1797. Même si cette numérotation est contestée par certains, elle
permet à chacun de s'y retrouver sur les 289 planches existantes.
Cette revue n'est pas seulement destinée aux collectionneurs et connaisseurs d'estampes. Elle me permet de présenter, de partager et de faire vivre l'oeuvre gravée
de Rembrandt qui englobe des autoportraits, des sujets bibliques, allégoriques, érotiques, des études de mendiants, des paysages, des nus et des portraits comptant parmi les chefs d'oeuvres de
l'art graphique.
Pour toutes informations sur le format des plaques (en général identique à l'original), au format du papier, à sa qualité, au nombre d'exemplaires réalisés, le prix des planches, une seule
adresse amouroux.cyril@free.fr
Le cochon. B. 157
Avec pointe sèche.D'après le premier état sur deux. Signé daté Rembrandt F. 1643. Haarlem.
J'ai une tendresse particulière pour ce cochon. Je le trouve vraiment émouvant. Rembrandt en a fait un sujet
sympathique, presque souriant. Bien qu'étant le personnage principal de l'image (de part le traitement de son pelage), c'est dans l'arrière plan que réside tout l'intérêt de cette
image. Une famille entière en quelques traits. La mère penchée sur sa petite fille semble lui parler en présentant le cochon que l'on va sacrifier très bientôt.Le fils aîné se tient au
dessus avec le père dans l'entrebâillement de la porte. Ce dernier tient une hache et regarde son fils cadet qui traverse la scène en courant, un sac sous le bras. Le pitchou regarde par dessus
son épaule, hors champs, de façon amusé pour voir si son poursuiveur arrive. Que de vie en si peu de traits! Quelle économie de moyen pour céer cette scène riche et
mouvementée.
Rembrandt appuyé. B . 21
D'après le Second
état.Signé et daté Rembrandt f. 1639. Haarlem
Un des plus célèbres autoportraits gravés du maître.
Par cyril.A
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